
Lettre à Jean-Paul Bret, maire de Villeurbanne
Envoyée après décision du collège exécutif des Verts le 5 février 2008
Objet : Retrait du logo des Verts sur la liste menée par Jean-Paul Bret
Cette lettre a été envoyée le 8 février. Devant l’absence d’excuses de M. Bret auprès de Sirma Oran et de déclarations publiques diffamatoires d’un candidat de sa liste concernant les Verts, le collège exécutif des Verts du 12 février a décidé de confirmer ce retrait et a recommandé au conseil régional de Rhône Alpes le retrait des candidats verts de la liste de M. Bret.
A l’intention de Jean-Paul Bret Maire de Villeurbanne Mairie de Villeurbanne Paris, Le 7 février 2008
Monsieur le Maire,
Source : http://lesverts.fr/article.php3?id_article=3777
Envoyée après décision du collège exécutif des Verts le 5 février 2008
Objet : Retrait du logo des Verts sur la liste menée par Jean-Paul Bret
Cette lettre a été envoyée le 8 février. Devant l’absence d’excuses de M. Bret auprès de Sirma Oran et de déclarations publiques diffamatoires d’un candidat de sa liste concernant les Verts, le collège exécutif des Verts du 12 février a décidé de confirmer ce retrait et a recommandé au conseil régional de Rhône Alpes le retrait des candidats verts de la liste de M. Bret.
A l’intention de Jean-Paul Bret Maire de Villeurbanne Mairie de Villeurbanne Paris, Le 7 février 2008
Monsieur le Maire,
Nous avons suivi avec attention le déroulement des évènements préélectoraux de Villeurbanne qui ont amené au retrait de notre candidate Sirma Oran-Martz de la liste que vous conduisez.
Nous avons été extrêmement choqués par le déroulé des évènements. L’origine de notre candidate semble vous avoir obligé à lui demander son opinion sur le génocide arménien de 1915-16. Réduire la pensée politique, les positions idéologiques, les convictions d’une personne à son origine correspond à un fonctionnement intellectuel que nous réprouvons. C’est pourquoi nous n’avons jamais cessé de soutenir Sirma. Non seulement parce qu’elle a été victime d’accusations infondées, mais que ces accusations étaient liées à son origine.
Tout cela est proprement insupportable : de facto discriminant à l’égard de Sirma Oran-Martz elle-même et stricto sensu calomnieux, puisque les Verts ont toujours eu une position extrêmement claire face à la reconnaissance du génocide arménien.
Le communiqué des Verts vous le stipulait jeudi dernier. En effet, les Verts tiennent depuis de longues années, tant au niveau national qu’au niveau européen, un discours sans ambiguïté, bien avant la loi française de reconnaissance du génocide arménien, du 29 janvier 2001. Les Verts ont par ailleurs organisé une réunion du Parti Vert Européen à Istanbul en janvier 2005 où ils ont demandé la reconnaissance du génocide arménien à l’Etat turc en dépit de l’article 301 du code pénal turc. Nous militons pour que l’Etat turc reconnaisse le génocide arménien comme le souhaitent les démocrates turcs. Mais nous appelons dans le même temps au dialogue pour la paix entre Arméniens et Turcs, en toute conscience de leur histoire commune et de la complexité de la question (éclatement de l’empire ottoman tant géographique qu’humain suite au traité de Sèvres de 1920 puis celui de Lausanne de 1923, dispersion de la population arménienne entre la République d’Arménie proclamée seulement le 21 décembre 1991, la région du Nagorno Karabagh et tout le reste de la diaspora éparpillée en Turquie, en Russie, en France...).
Reconnaître un génocide, c’est dénoncer une culture de la haine. C’est ne pas se laisser entraîner dans des positions revanchardes qui font peser sur les générations d’aujourd’hui les fautes des générations passées. Dans chaque communauté, les positions extrémistes s’alimentent des attaques personnelles et des stigmatisations de l’un contre l’autre. Nous refusons cette logique qui réduit les personnes à leur communauté. Nous ne partageons pas cette manière de faire vivre le nécessaire « devoir de mémoire ».
Aujourd’hui, le mal est fait. Sirma Oran-Martz a dû quitter votre liste et sortir de l’anonymat. Tout cela l’a poussée à prendre plus de risques qu’elle n’aurait dû en supporter, mais pour aussi ne plus subir d’autres pressions, d’être dans la repentance perpétuelle (d’une chose qu’elle n’a pas commise, rappelons-le). Elle a dû révéler qu’elle était la fille de Baskin Oran dans les médias français mais cette information circulait déjà dans les journaux turcs dont le quotidien d’extrême droite Tercüman qui en profite pour pourfendre la diaspora turque. Pour rappel, son père était l’ami du journaliste arménien assassiné Hrant Dink à Istanbul en janvier 2007 par un ultranationaliste turc. Cet intellectuel reconnu a reçu plusieurs menaces de mort pour son combat pour la reconnaissance du génocide arménien. Tout cela n’est pas sans la mettre sous les projeteurs des nationalistes turcs.
Malgré notre intervention, malgré les efforts que nous avons faits à votre endroit pour que la réalité soit rétablie sur les prises de positions de Sirma Oran-Martz et des Verts, mais également pour que vous preniez conscience du tort et des risques que vous lui avez fait prendre, vous avez continué à diffuser votre communiqué expliquant, selon vous, pourquoi in fine Sirma Oran n’était plus sur la liste.
Pour rappel en effet, y est écrite cette phrase pour nous inadmissible : « Il était inacceptable qu’une colistière, présentée par les Verts, par ailleurs militante et responsable d’associations communautaires franco- turques, ait pu participer à la manifestation négationniste, organisée le 18 mars 2006 à Lyon, contre le monument à la mémoire du génocide des Arméniens. » Cette phrase est un résumé des raccourcis que nous vous reprochons. Sirma Oran-Martz était présente à cette manifestation autorisée par la préfecture et elle ne s’en cache pas. Mais au contraire de ce que vous laissez entendre, elle n’y était pas par négationnisme, mais pour éviter que les choses ne dégénèrent. De plus, préciser là son appartenance à des associations turques est une manière terrible de dire deux choses : l’une de réduire Sirma Oran-Martz à son « identité » turque, l’autre de laisser entendre que tous les turcs seraient négationnistes...
Pour toutes ces raisons, le collège exécutif des Verts a pris une décision que nous vous communiquons, ci-joint.
En espérant que vous en teniez compte et que nous relancions le dialogue auquel nous croyons tous entre Arméniens et Turcs comme votre ville a déjà pu le vivre le 8 septembre 2006.
Merci de votre attention,
Anne Souyris, porte parole
Michel Bock, délégué aux élections
Nous avons été extrêmement choqués par le déroulé des évènements. L’origine de notre candidate semble vous avoir obligé à lui demander son opinion sur le génocide arménien de 1915-16. Réduire la pensée politique, les positions idéologiques, les convictions d’une personne à son origine correspond à un fonctionnement intellectuel que nous réprouvons. C’est pourquoi nous n’avons jamais cessé de soutenir Sirma. Non seulement parce qu’elle a été victime d’accusations infondées, mais que ces accusations étaient liées à son origine.
Tout cela est proprement insupportable : de facto discriminant à l’égard de Sirma Oran-Martz elle-même et stricto sensu calomnieux, puisque les Verts ont toujours eu une position extrêmement claire face à la reconnaissance du génocide arménien.
Le communiqué des Verts vous le stipulait jeudi dernier. En effet, les Verts tiennent depuis de longues années, tant au niveau national qu’au niveau européen, un discours sans ambiguïté, bien avant la loi française de reconnaissance du génocide arménien, du 29 janvier 2001. Les Verts ont par ailleurs organisé une réunion du Parti Vert Européen à Istanbul en janvier 2005 où ils ont demandé la reconnaissance du génocide arménien à l’Etat turc en dépit de l’article 301 du code pénal turc. Nous militons pour que l’Etat turc reconnaisse le génocide arménien comme le souhaitent les démocrates turcs. Mais nous appelons dans le même temps au dialogue pour la paix entre Arméniens et Turcs, en toute conscience de leur histoire commune et de la complexité de la question (éclatement de l’empire ottoman tant géographique qu’humain suite au traité de Sèvres de 1920 puis celui de Lausanne de 1923, dispersion de la population arménienne entre la République d’Arménie proclamée seulement le 21 décembre 1991, la région du Nagorno Karabagh et tout le reste de la diaspora éparpillée en Turquie, en Russie, en France...).
Reconnaître un génocide, c’est dénoncer une culture de la haine. C’est ne pas se laisser entraîner dans des positions revanchardes qui font peser sur les générations d’aujourd’hui les fautes des générations passées. Dans chaque communauté, les positions extrémistes s’alimentent des attaques personnelles et des stigmatisations de l’un contre l’autre. Nous refusons cette logique qui réduit les personnes à leur communauté. Nous ne partageons pas cette manière de faire vivre le nécessaire « devoir de mémoire ».
Aujourd’hui, le mal est fait. Sirma Oran-Martz a dû quitter votre liste et sortir de l’anonymat. Tout cela l’a poussée à prendre plus de risques qu’elle n’aurait dû en supporter, mais pour aussi ne plus subir d’autres pressions, d’être dans la repentance perpétuelle (d’une chose qu’elle n’a pas commise, rappelons-le). Elle a dû révéler qu’elle était la fille de Baskin Oran dans les médias français mais cette information circulait déjà dans les journaux turcs dont le quotidien d’extrême droite Tercüman qui en profite pour pourfendre la diaspora turque. Pour rappel, son père était l’ami du journaliste arménien assassiné Hrant Dink à Istanbul en janvier 2007 par un ultranationaliste turc. Cet intellectuel reconnu a reçu plusieurs menaces de mort pour son combat pour la reconnaissance du génocide arménien. Tout cela n’est pas sans la mettre sous les projeteurs des nationalistes turcs.
Malgré notre intervention, malgré les efforts que nous avons faits à votre endroit pour que la réalité soit rétablie sur les prises de positions de Sirma Oran-Martz et des Verts, mais également pour que vous preniez conscience du tort et des risques que vous lui avez fait prendre, vous avez continué à diffuser votre communiqué expliquant, selon vous, pourquoi in fine Sirma Oran n’était plus sur la liste.
Pour rappel en effet, y est écrite cette phrase pour nous inadmissible : « Il était inacceptable qu’une colistière, présentée par les Verts, par ailleurs militante et responsable d’associations communautaires franco- turques, ait pu participer à la manifestation négationniste, organisée le 18 mars 2006 à Lyon, contre le monument à la mémoire du génocide des Arméniens. » Cette phrase est un résumé des raccourcis que nous vous reprochons. Sirma Oran-Martz était présente à cette manifestation autorisée par la préfecture et elle ne s’en cache pas. Mais au contraire de ce que vous laissez entendre, elle n’y était pas par négationnisme, mais pour éviter que les choses ne dégénèrent. De plus, préciser là son appartenance à des associations turques est une manière terrible de dire deux choses : l’une de réduire Sirma Oran-Martz à son « identité » turque, l’autre de laisser entendre que tous les turcs seraient négationnistes...
Pour toutes ces raisons, le collège exécutif des Verts a pris une décision que nous vous communiquons, ci-joint.
En espérant que vous en teniez compte et que nous relancions le dialogue auquel nous croyons tous entre Arméniens et Turcs comme votre ville a déjà pu le vivre le 8 septembre 2006.
Merci de votre attention,
Anne Souyris, porte parole
Michel Bock, délégué aux élections
Source : http://lesverts.fr/article.php3?id_article=3777


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