vendredi 1 février 2008

Villeurbanne's true rose !

« Si la patrie ce n'est pas se délivrer de nos ténèbres pourries alors je suis traître à la patrie ».
Nazim Hikmet, poête turc, Traître à la Patrie, 28 juillet 1962.


Villeurbanne's true rose,

Oyez, oyez ô citoyens,
Oyez mais asseyez vous donc;
Que je vous comte citoyens,
Oyez, oyez ô citoyens,
Ce vieux comte d'un lieu commun !
Une française au drôle de nom,
Oyez, oyez ô citoyens,
Oyez, mais asseyez vous donc!

Mère de famille, citoyens,
Mais oh ! me croierez-vous donc ?
Née de parents anatoliens,
Mère de famille, citoyens,
Payant gabelle pour tous ses biens !
Mais quel fut son seul crime au fond ?
Mère de famille, citoyens,
Mais oh ! me croierez-vous donc ?

Ah ! On ne sait pour quelle raison,
S'en alla-t-elle aux Verts chemins ?
Allant s'inscrire aux élections,
Ah ! On ne sait pour quelle raison,
Animée par tant de passion !
Cette Française ô citoyen
Ah ! On ne sait pour quelle raison,
S'en alla-t-elle aux Verts chemins ?

Voyant la Rose en chemin,
La belle rose qui lui fit Front !
Respirant l'avenir, citoyen,
Voyant la Rose en chemin,
Par erreur lui serra la main...
A Villeurbanne tout près de Lyon,
Elle vit la rose en chemin,
La belle rose qui lui fit Front !

Parcequ'elle portait un drôle de nom,
Un nom qui ne sonnait pas bien !
Ce fut là son seul crime au fond
Parce qu'elle portait un drôle de nom
Pointé du doigt par la nation !
Piquée au coeur et à la main,
Parce qu'elle portait un drôle de nom,
Un nom qui ne sonnait pas bien !

Par devant cent mille arméniens
Elle dût bien se porter caution !
Avoua pour ses concitoyens,
Par devant cent mille arméniens,
Les morts dont elle n'était pour rien !
A cause de son joli prénom
Par devant cent mille arméniens
Elle dût bien se porter caution !

Lui dit-t-elle quoi faire enfin,
Pour avoir droit à son giron ?
Pour devenir ô « Citoyen »,
Lui dit-t-elle quoi faire enfin,
Sa belle Marianne restée au loin ?
Faut-t-il danser et dire pardon,
Lui dit-t-elle quoi faire enfin,
Pour avoir droit à son giron ?

Procès d'intention, citoyen,
Délit de faciès ? Hola non !
Au nom d' la Rose tu penses bien,
Procès d'intention, citoyen,
Qu'à Villeurbannes il n'y aurait point !
Racisme ou discrimination,
Procès d'intention, citoyen ?
Délit de faciès, hola non !

Ton Maire est là tout fanfaron,
Tu peux dormir ô citoyen !
Qui veille baïonnette au canon,
Ton Maire est là tout fanfaron,
Comptes toi parmi les moutons !
Dors donc tranquille sur tes deux poings,
Ton Maire est là tout fanfaron,
Tu peux dormir ô citoyen !

Qui s'en soucie, qui s'en souvient,
De cette belle française au fond ?
Elle t'aimait pourtant citoyen,
Qui s'en soucie, qui s'en souvient,
Celle à qui nul ne tendit la main !
Celle que tu pris pour le démon,
Qui s'en soucie, qu'i s'en souvient,
De cette belle française au fond ?

Quand les loups gris la mangeront,
J'espère qu' ça fera plaisir aux crétins !
Si elle ne va pas en prison,
Quand les loups gris la mangeront,
En vertue d' l'article trois cent un ;
Pour le bonheur des arméniens,
Quand les loups gris la mangeront,
J'espère qu' ça fera plaisir aux crétins !

Quant à nos frêres arméniens
Ô seront-ils en paix au fond ?
Un mort de plus un mort de moins...
Quant à nos frêres arméniens,
Seront-ils heureux enfin ?
Mais j'ai vraiment bien peur que non...
Quant à nos frêres arméniens
Ô seront-ils en paix au fond ?

Mais qu'as-tu donc, ô citoyen,
A regarder vers le plafond ?
Tu n'as pas l'air d'aller très bien,
Mais qu'as-tu donc, ô citoyen,
A regarder trembler tes mains ?
La honte perle sur ton front,
Mais qu'as-tu donc ô citoyen,
A regarder vers le plafond ?

Ô toi seul à lever ton poing,
Tout Villeurbanne faisant Front !
Quand dans le matin brun,
Ô toi seul à lever ton poing,
Tu les verras passer soudain ;
C'est contre toi qu'ils feront Front,
Ô toi seul à lever ton poing,
Tout Villeurbanne TE faisant Front !

Aurélien Roulland,
Hors de Villeurbanne, vendredi 1er février 2008

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